L'énergie du désespoir ?
Publié le 5 Avril 2013
Notre truculent Depardieu regrette que la France soit triste.
Triste ? Indéniablement, plus précisément déprimé, la consommation record par les Français de neuroleptique en est la preuve.
Mais pourquoi cette dépression ?
Il y a d’abord toutes les saignées qui depuis 1789 nous ont affaiblies : la Révolution française, les guerres napoléoniennes, celles de 1870, 1914, 1940, l’Indochine, l’Algérie…Cela fait beaucoup pour un corps secoué aussi par des mises en causes successives de ses valeurs et de ses règles de vie : la Restauration, 1830, 1848, la Commune, 1936, l’épuration, 1968.
Heureusement, les « trente glorieuses » ont apportées une consolation matérielle, une compensation toute boulimique permettant d’oublier les traumatismes passés enfouis dans l’inconscient collectif : un ventre plein n’a pas plus d’oreilles qu’un estomac vide mais de surcroît il pousse à l’endormissement post prandial du boa constrictor !
Et pataras…la mondialisation libérale et financière forcenée nous vole nos emplois, nous pousse à emprunter pour maintenir artificiellement notre niveau de consommation jusqu’au jour où les créanciers, qui se sont déjà bien engraissés, viennent présenter la note.
Nos dirigeants auraient pu leur opposer une fin de non recevoir en expliquant que le meilleur service à leur rendre est de ne pas tuer le débiteur sous des traites qui l’épuisent mais lui redonner de l’air en échelonnant sa dette, en renégociant des intérêts exorbitants et en lui redonnant des règles de vie fondées sur le bon sens.
Mais voilà, la politique se fait dorénavant à la Bourse, l’ukase de l’Europe à Chypre nous le démontre sans détour. Les dirigeants républicains ont oublié qu’il est du devoir du chef de desserrer, parfois brutalement, l’étau de la finance quand elle prend le pas sur l’intérêt général.
Ainsi, à une dépression mal camouflée par une consommation débridée et brusquement stoppée, s’ajoute un immense sentiment d’abandon et de trahison, dont l'affaire Cahuzac n'est qu'une des illustrations.
Stendhal affirmait qu’il n’y a pas de révolution sans cause, le désespoir en est une.
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