Ils sont fous ces Romains !

Publié le 13 Avril 2013

Salmigondis, chienlit, pot pourri…les expressions fleuries ne manquent pas pour peindre notre société où par exemple un ministre chargé de traquer le fraude fiscale… fraude.

Mais rappelez-vous ce directeur de maison d’arrêt qui s’abandonnait dans les bras d’une de ses belles prisonnières, écrouée pour avoir servi d’appât à la bande des barbares de triste renommée ! Ni ses galons, ni sa fonction ni même sa raison n’ont pu le retenir de transgresser les limites de ses devoirs et de la morale.

Et le capitaine du Concordia, baleine de ferraille échouée sur le flanc, a lui aussi oublié les règles élémentaires de la navigation pour jouer les fanfarons adolescents ! D’ailleurs avez-vous remarqué que cette barcasse de luxe semblait ne pas avoir de quille pour lui donner de l’aplomb sur les flots, comptant sans doute sur sa masse pour écraser les vagues au lieu de les fendre, grosse finesse ?

Et notre prétendu et prétendant homme d’Etat qui n’a pu contenir ses pulsions sexuelles à l’instar d’un Don juan plus triste que nature qui, entonnant la chanson de Brassens, nous a fredonné avec l’accent new-yorkais « cette fille est trop vilaine…il me la faut !»

Et notre Bizarre d’Estaing, Président de curieuse République, chaussant volontiers pour les caméras le piano à bretelles… pour finir d’ailleurs de se prendre les pieds dans les susdites bretelles et sortir de ses fonctions comme on quitte une scène de théâtre !

J’aurai encore la cruauté d’écorcher vos oreilles par le sonore et vulgaire juron « casse toi pauv’ con » adressé par le premier magistrat de France à un quidam, certes peu courtois, arpentant les allées crottées de l’agriculture en fête !

Mais il n’est pas nécessaire d’accabler les prétendus puissants pour se heurter à la confusion ambiante.

De nos jours, du curé à l’évêque, « on fait plus dans le social » que dans la conduite des âmes vers l’amour de Dieu. Même le gendarme est prié de jouer à la balle aux pieds plutôt que de dissuader ou d’arrêter les délinquants. Le journaliste se prends pour un homme politique et revendique un temps de parole égale à son interviewé quand il n’accapare pas l’antenne ! Et le chanteur de rock, le rappeur de bitume, l’actrice dévêtue de textile et de talent qui nous abreuvent de leurs prescriptions politiques du haut de leurs immenses connaissances des choses de l’Etat !

Drôle d’époque aussi, où l’on confond l’enfant et l’adulte au grand bonheur des marchands de fripes, l’animal de compagnie et la compagnie, une œuvre d’art et un tas de déjections, une femme et un homme, un être indéterminé qui ne s’est pas encore déterminé, théorie du genre oblige !

Les vaches n’ont plus de cornes pour simplifier la vie des agriculteurs, je devrais dire des fournisseurs de lait, les maires des 36 000 communes qui d’ordinaire gèrent la voirie et les salles des fêtes parrainent nos candidats à la conduite des affaires nationales et internationales de la France…

Nous sommes aussi priés, sous peine d’être traité de fasciste, de ne pas faire de différence entre une culture et une autre, entre notre pays et un autre: tout se vaut, afin que tous se vautrent… dans la confusion destructrice de l’harmonie sans laquelle la vie se délite.

Voudrait-on la mort de notre société pour avoir enfin le loisir de construire une énième utopie sanglante sur cette table rase jonchée de ruines ?

Ils sont fous ces Romains !

Rédigé par Pierre Lours

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