Journaliste, un dur métier, une dure lutte !
Publié le 21 Mars 2013
A force de critiquer nos échotiers, plus personne ne voudra devenir journaliste.
A l’évocation d’un des plus vieux métiers du monde, je vous entends déjà, chers amis, vitupérer, protester, voir rouge ! Comment ! Vous n’allez quand même pas plaindre ces menteurs à gages, ces manipulateurs d’opinion, ces suppos du système qui empêchent leurs adversaires de détailler leurs points de vue, soit en les ignorant, soit en les bombardant d’incessantes questions, façon moustique hystérique sur sa proie.
Enfin me direz-vous,… Pierre Lours ! souvenez-vous du regretté François qui dénonça les chiens acharnés sur le malheureux Bérégovoy ! Et les milliers de morts Roumains de Timisoara qui après avoir nourri les gazettes ressuscitèrent faute d’avoir succombé ?
Bien sûr, bien sûr !... mais les journalistes ont quand même des circonstances atténuantes que je me propose de vous distiller tout au long de ce plaidoyer où nous parcourrons ensemble le chemin de croix que nos collecteurs de l’écume des jours doivent arpenter avant de mériter une médaille du travail pour service rendu à l’édification de la pure vérité, pravda dans la belle langue des soviets , comme vous le savez !
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Au commencement, il y a l’école de journalisme, car de nos jours il ne suffit pas d’avoir fait Sciences po ou un doctorat en sciences humaines et encore moins d’avoir appris tout simplement le métier sur le terrain, pour être apte à tenir un micro ou taper sur un clavier, car Il faut apprendre quel message il est bon d’imprimer… dans les têtes, pour leur salut, bien entendu !
Aussi, il leur est demandé d’adhérer au bréviaire journalistique qui se résume aux innombrables droits de l’homme, qui ne seront bien sûr opposables qu’aux adversaires, à l’antiracisme, aux lois mémorielles dictant ce qu’il faut penser, à l’éloge de l’Europe libérale et du mondialisme, à la condamnation de l’Occident, passé, présent et à venir, sans oublier la stigmatisation de la chrétienté, source de tous les maux ! Le tableau n’est pas complet, mais l’apprenti aura 2 ans pour programmer ses neurones afin d’éviter de ruiner une prometteuse carrière. Il faudra aussi qu’il sache comment insinuer le fiel dans un article apparemment objectif, l’objectif se résumant à dégommer les ennemis du progrès. « Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout », comme nous le chante Bourvil dans « Le roi Pandore ».
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Mais le long parcours initiatique de notre élève propagateur de l'esprit moderne n'est pas fini.
Une fois son diplôme en poche, notre jeune journaliste-stagiaire devra trier les dépêches d’agences de presse, sorte de grossistes en information sans qui nos média seraient bien en peine de copies. S’il a de la chance, il pourra paraphraser, habiller, accommoder cette matière brute à l’aune de la ligne éditoriale de son canard, ligne qu’il est impératif de ne pas franchir même quand l’honnêteté intellectuelle l’exigerait.
Ensuite, notre futur grand reporter prendra son envol et sera missionné à l’arbre de Noël de la maison de retraite du chef lieu de canton (ne rêvez pas, ce n’est pas en Chine !). Il assistera au conseil municipal de Merlieux-en-Retourne, par exemple, où il devra rendre compte fidèlement de l’édification des pissotières tant attendues ou si redoutées ! Cloche Merle n’est jamais très loin !
Après quelques années probatoires, il rejoindra enfin la presse nationale. Et là, il fera le pied de grue devant les ministères ou, s’il a de la chance, devant l’Elysée, afin de saisir 10 mots lancés par un haut personnage perché sur les perrons du pouvoir ou s’engouffrant précipitamment dans une prestigieuse limousine.
Le lendemain, il recueillera pendant des heures les propos du héros d’un jour ou d’un politique sur le retour. Il en fera un article de plusieurs feuillet pour enfin entendre de la bouche de son secrétaire de rédaction : « Dis donc, coco, tu te prends pour Albert Londre de nous pisser 4000 signes sur un sujet pareil !
Allez, fait m’en 10 lignes et c’est bien payé ! ».
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Puis après encore des années de révérences et de conformisme, notre héros des gazettes sera titulaire d’une rubrique, puis, qui sait, rédacteur en chef adjoint et peut être même un jour, rédacteur en chef…souvent des titres ronflants qui ne le mettent pas à l’abri des influences politiques ou économiques pesant sur l’existence de son média et donc sur son emploi.
Et quand il rencontrera ses copains de fac, des financiers, des fonctionnaires, des commerçants ou des industriels, il réalisera que son métier ressemble au miroir aux alouettes qui reflète le soleil pour attirer les volatiles sous les plombs des chasseurs repus.
Alors, n’ont-ils pas le droit d’être envieux, agressifs, de mauvaise foi, approximatifs, conformes ou désabusés, nos amis de la presse? Aussi, pour les plus méritants, il est de haute justice de leur attribuer des Bobards d’or du meilleur désinformateur !
Pour connaître les heureux élus des Bobards d'or 2013, cliquez sur le lien ci dessous!
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