Courage dérapons !

Publié le 13 Mars 2013

Préférer un Français à un étranger, souligner la différence entre les sexes plutôt qu’affirmer leur stricte égalité, ne pas donner tous les droits à Israël, l’éternelle crédit rentière de l’effroyable et diabolique Shoah, attribuer à la colonisation des bienfaits en regard du passif maintes fois dénoncé, faire commencer l’Histoire de la France avec les rois et non à partir de l’intouchable et sacrée Révolution française, préférer les victimes aux criminels… En fait ne pas accepter de renier les valeurs et l’œuvre construites par nos ancêtres, ne pas se résoudre à occulter les caractéristiques de la nature humaine, refuser d’ignorer la réalité : en admettant que nous souscrivions à ces folles tentations, nous commettrions d’irréparables dérapages !

Et depuis que l’automobile est devenue une indispensable prothèse, on sait ce que déraper veut dire. S’impose alors l’image du mauvais conducteur perdant le contrôle de son engin à cause d’une inconsciente conduite que gendarme devra fesser fermement ; apparaît aussi la face du chauffard exorbité sortant de la route bien balisée et ponctuée à satiété de multiples et inventifs interdits ; surgit enfin la trogne rubiconde menaçant sans vergogne la sécurité des dociles usagers appliquant consciencieusement les règles protectrices.

Mais voilà, autant la parfois tatillonne règlementation se justifie sur la route, autant la pensée et l’action des hommes au cours de leur vie privée et au sein de la société requièrent la liberté de connaître la réalité, de la juger et de s’engager, et exige le droit à l’erreur sans lequel il n’y a ni progrès, ni vérité.

A force de principe de précaution, de risque zéro, de consensus obligatoire (consensus ! quel mot vulgaire et mal odorant !), de conformisme médiatique omni-bêlant, de lois imposant des vérités d’Etat et un ordre moral sentant les vapeurs aseptisées des hôpitaux psychiatriques ou des goulags, nous deviendrons, si ce n’est déjà fait, des consommateurs de prêt-à-penser engloutissant goulûment de prétendues idées, en fait des dictats au service de l’abrutissement matérialiste marchand et de la tyrannie pseudo démocratique.

Alors dérapons !... en dérapage contrôlé certes, mais prenons le risque de vivre et de survivre sans quoi nous nous traînerons comme de lourds escargots tétanisés avant de terminer sous la semelle implacable d’un despote ou de ses serves séides.

Dérapons, dérapons camarades, il en restera toujours quelque chose !

Courage dérapons !

Rédigé par Pierre Lours

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