Etre pour ne pas être !
Publié le 23 Octobre 2013
Je vous fiche mon billet qu’être pour ne pas être, telle est la préoccupation shakespearienne de nos Présidents.
Souvenez-vous de Giscard, ce bon élève poussé hors sol sur les bancs policés des couveuses de la République ? Qu’en reste-il si ce n’est la remise au goût du jour de l’heure d’été, l’aménagement de la gare d’Orsay en musée et les flonflons approximatifs de son piano à bretelles sensés amadouer le bon peuple chez qui il s’invitera à dîner, histoire de les mettre mal à l’aise devant un prétendu aristocrate affublé d’une particule achetée par son fortuné de père. Et pour enfoncer le clou et faire croire qu’il était proche des humbles parmi les humbles, il fera venir toute la misère du monde dans nos banlieues en regroupant les familles des émigrés, achevant de les déraciner définitivement.
Un qui était bien enraciné dans son château Elyséen, vous avez reconnu Chirac, dit Lézard Ier, tant son bilan est proche de celui d’une sieste de 12 ans, donc notre John Waine de la Corrèze trouva quand même l’énergie de flatter la sensiblerie écolo en déclarant solennellement que la mort de l’ours Cannelle était «une grande perte pour la diversité ». Après une sentence pareille, il ne lui restait plus qu’à rentrer satisfait dans sa grotte pour siroter une bibine !
Et Sarkozy, avec ses airs de matamore de foire, augmentant notre dette de plus d’un tiers sans pour autant sauver une économie qui continuera à se vider de ses emplois et à fabriquer des chômeurs au rythme de ses rodomontades dignes d’un excité agent de police débordé au carrefour. Mais j’oubliais le grand style de notre homme, sa marque de fabrique construite à coup de « casse-toi pauv’con » ou de « descends si t’es un homme » qui le Karchérisera en 2012, version moderne de l’arroseur arrosé.
Et aujourd’hui, notre normal Président qui se fait renvoyer dans ses ors en direct sur les ondes par une Léonarda flanquée de son roué de père, tous deux étonnés de l’importance que notre République merdiatique leur réserve par la grâce de postillonneurs de micro en quête de bons coups pour nous tirer la larme à l’œil.
Imagine-t-on un De Gaulle ou un Mitterrand se prêter à de telles incongruités, même les Présidents des anciennes Républiques inauguraient les chrysanthèmes avec dignité. Comment la fonction présidentielle peut être à ce point dévalorisée par des hommes à qui le peuple confie son destin ? Des hommes ou plutôt un système qui accepte de laisser fouler nos lois et abandonne en rase campagne la garde de l’intérêt général devant une bande de midinettes lycéennes en goguette manifestante.
Mais quand les Français se décideront-ils à licencier ces salariés de luxes incapables de tenir leur rôle et remplir leurs missions ? Ils n’ont même pas la pudeur de nous faire croire qu’ils sont à la hauteur du perchoir qu’ils ont conquis à force de caquetages électorales et de sourires de cire ?
Et pourtant il tarde ce moment: n’y aurait-il pas une sorte de satisfaction non avouée à voir ces hauts personnages impuissants et ridicules ?
N’est-il pas en effet « rassurant » pour le français ingouvernable de ne pas être gouverné et de constater qu’il n’est pas le seul à conduire difficilement sa vie entre des repères flagellants et la cacophonie d’une société en jachère, bientôt en jungle ?
Alors des Présidents qui cafouillent, louvoient et président à notre perte, en fait des êtres qui ne sont pas, voilà enfin des chefs qui ne déparent pas le racoleur casting de la médiocre téléréalité administrée tous les soirs, au 20 heures… en attendant une énième secousse révolutionnaire qui tentera enfin de résoudre une situation devenue catastrophique à force d’indécisions et de démagogie.
Tout ça ne vaut pas un clair de lune à Vérone !
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