Méduse-mayonnaise

Publié le 16 Octobre 2013

Je vous fiche mon poulet que pour que ça continue, il faut que ça change !

Tenez, hier, comme depuis plusieurs années, sur un charmant marché du Cantal, je suis allé acheter mon goûteux pot de crème hebdomadaire, fruit de la rencontre d’une agricultrice de l’Aveyron et de belles vaches normandes. Et bien plus de crème !... les nouvelles normes européennes ont réussi à décourager ma fermière qui aurait dû se mettre une nouvelle fois aux normes édictées par le monstre froid de Bruxelles. Heureusement, elle peut encore vendre les légumes de son potager et moi j’ai encore le droit de me mitonner une potée auvergnate ! Mais méfiance, nos fonctionnaires de l’Europe soviétoïde pourraient bientôt nous obliger à acheter des plats tout agglomérés dans les laboratoires normés des multinationales de la bouffe.

Enfin, tout n’est pas noir! Ainsi, la vente aux enchères des machines d’une usine alsacienne de textile en liquidation a été in extremis annulée grâce à l’action déterminée de ses salariés: leur savoir faire est provisoirement protégé, les rapaces de la mondialisation attendront un peu.

Mais je pourrais aussi rappeler les multiples fermetures d’usines, fabricants de pneus ou de voitures, de matériels de téléphonie, le triste état du secteur de l’agroalimentaire ou le taux de suicide des éleveurs 2 fois plus important que la moyenne nationale. Depuis 12 ans nous avons perdu 1 millions d’emplois et accueilli plus de 2 millions d’émigrés légaux, cherchez l’erreur !

Comment dès lors s’étonner qu’un sondage donne le parti de Marine Le Pen en tête des intentions de vote aux prochaines européennes et que les électeurs de Brignole aient élu le candidat du Front national donnant un magistral coup de pied au fondement… républicain dévoyé.

 

 

En fait, la France attend que la vérité éclate, que la réalité renverse les idéologies, que le carcan des bonnes manières marxistes et anarchistes explose en compagnie des hypocrisies droit-de-l’hommiste et du credo des dames patronnesses d’un drôle de patronage où il est de bon ton de mimer la générosité pour faire cracher l’Etat au bassinet de la charité collective ! La charité collective, belle entreprise juteuse et raison d’être d’une armée de donneurs de leçons, de faiseurs de lois, de pisses paperasses, tous dispensateurs des mannes budgétaires sans lesquelles les Français ne peuvent plus vivre de leur seul travail et encore moins de leur inutilité forcée, chômage oblige.

Une inutilité cependant masquée par des dizaines de chaînes de radios et télévisions qui, 24 heures sur 24, enchaînent les esprits et les corps dans des camisoles molles faites de séries américaines, de téléréalités pitoyables et voyeuristes, d’info racoleuses, mélos et conformes. Des camisoles douillettes qui noient la pensée, anémient la vie, excitent les sens pour les vendre au bon vouloir de la publicité, chancre mou et fatal pour téléspectateur abruti, enrobé et confit dans un gluant loukoum sucré et super mâché… de super marché !

Une société de super bazar, trônant façon Ubu, écrasant de sa morgue de faux intellectuels patentés et achetés, se bornant à un simulacre de critiques ou surenchérissant dans le sens du poêle où mitonne la marmite des prébendes, des subventions, des postes, des décorations, des trafics d’argent fraîchement imprimé par les banques, à la grande indifférence des impuissants et complices Etats déstabilisés et bouffis, au bord de l’apoplexie, à la veille d’une implosion parfaite qui ne laissera aucune trace de leur existence passée, dépassée et bientôt oubliée.

 

Reste vous et moi, nous, en somme, de plus en plus nombreux à voir que les maîtres du jeu sont tricheurs, incapables, profiteurs, nuisibles. De plus en plus conscients que de véritables énergies, de vraies valeurs, de justes colères ne peuvent rester plus longtemps inertes, ignorées, bafouées ; qu’il viendra immanquablement un temps où de tels ingrédients se combineront par la force des choses et la vérité de la vie, comme l’œuf, l’huile et la moutarde accouchent d’une bonne mayonnaise, sauce onctueuse avec laquelle nous dévorerons à belles dents nos dirigeants aux yeux vides et à la panse pleine, bientôt justement plongés dans le court-bouillon de l’Histoire.

Ah, tout ça ne vaut pas un clair de lune sur le radeau de la Méduse !

Rédigé par Pierre Lours

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