Réveillons !
Publié le 30 Décembre 2011
Si ça continue, je vous fiche mon poulet que nous saurons bientôt à quelle sauce nous allons être accommodés !
Mais en attendant les prochaines présidentielles, que mijoter pour le réveillon ? Un poulet évidemment !
Un poulet de réveillon c’est obligatoirement, dans notre monde allumeur de désirs insatiables, un gallinacée castré, un chapon dodu et sans voix, contrairement au coq, fier animal matinal et claironnant, un des symboles de la France, au coté du sanglier des Gaulois, des fleurs de lys des Rois, de l’aigle Impérial, sans oublier la francisque des Francs et du Maréchal Pétain…que nous oublierons donc pour rester politiquement correct, et ce, bien que l’histoire de France devrait honorer respectueusement ce personnage qui a endossé successivement et sans broncher les rôles de sauveur puis de bouc émissaire !
Ainsi notre coq se trouve-t-il castré sur l’autel de la nouvelle année, sombre avertissement pour tous ceux qui voudrait prendre des résolutions rageuses et courageuses !
Aussi, pour faire plaisir à Brigitte Bardot, laissons là notre chapon et préférons lui une belle poule au pot ! D’autant plus que cet animal familier et bienfaiteur nous rappellera Sully et Henri IV, « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France », c'est-à-dire un temps où l’économie reposait sur des activités productrices de richesses véritables et non sur des martingales financières et pernicieuses. Notre poule au pot aura, en plus, l’avantage de prolonger la vie des poulets afin qu’ils arrivent à un poids suffisant pour remplir sans rougir un large faitout familial. Bien sûr les âmes végétariennes pourraient tourner de l’œil en voyant celui de notre sacrifié, révulsé et vitreux, émergeant d’un bouillon gras et gargouillant…
Alors il nous reste l’œuf ! « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » comme disait, non pas Christophe Colomb mais le commissaire Bourrel dans les Cinq dernières minutes, ce feuilleton policier des années 60 où le téléspectateur était invité à trouver le coupable, à être en quelque sorte acteur et non « terré-spectateur » en digestion d’images prédigérées et manipulatrices.
Des œufs à la coque, à la crème, en omelette, sur le plat, en galipette, brouillés, mollets ou, pourquoi pas en couilles d’âne !
Je vous rassure, il n’est pas nécessaire de réserver un sort funeste et réducteur à l’âne Cadichon de notre chère Comtesse de Ségur…
Non ! Les œufs appelés comme ci-devant sont simplement pochés dans du vin rouge, spécialité que vous trouverez à La Châtre, ça ne s’invente pas, La Châtre en Berry !
Le Berry, cet ultime refuge du Roi de Bourges, du roi de France Charles VII, sans dessin et sans appui, perdu au milieu d’une France en guerre sans fin.
Et puis Jeanne vint !
En voilà une qui en avait…du courage et de la volonté au service d’une mission: couronner le Roi pour relever la France !
Alors qui sait, même si vous avez prévu des mets plus sophistiqués, inscrivez à votre menu les œufs en couilles d’âne, histoire d’inciter l’Histoire à repasser les plats !
Et foi d’animal qui aurait repris du poil de la bête, tout ça ne vaut pas un soleil de sacre, en cathédrale de Reims !
Bonne année renaissante !
/image%2F0478859%2F201303%2Fob_fc486f14358206c36208ead357bed433_voeux-pierre-lours.jpg)
