Cosmopoly
Publié le 1 Février 2012
Je vous fiche mon poulet que si Dieu veut, il sera bientôt mis un terme à la vaste partie de « cosmopoly » que l’on veut nous faire jouer !
« Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! » ( vous vous souvenez du film cynique et gouailleur du regretté jean Yann) telle pourrait être la devise des bobos qui se prétendent, avec un brin d’immodestie, comme citoyen du monde (du grec Kosmos et polites, citoyen). Larousse nous dit que le cosmopolite « regarde l’univers comme sa Patrie ». C’est lui faire beaucoup d’ honneurs, car pour cette Patrie, il est bien incapable de verser quoique ce soit si ce n’est ses euros ou ses dollars achetant notamment à bon compte des vacances exotiques en pays du tiers-monde, protégé de la misère et des violences par les murs dorés des clubs de vacances.
Vacante. C’est bien ainsi que l’on pourrait qualifier la pensée cosmopolite actuelle, qu’elle soit proféré par un conseiller permanent et appointé de tous les Présidents de la république ou par le midinet (masculin de midinette !) rodant dans les rédactions de notre bruissante et abrutissante presse qui servait au moins, du temps de Pierre Lazareff, à emballer le poisson !
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Car le cosmopolite ne pense pas Monsieur, il rêve.
Il rêve de fraternité universelle, c’est plus facile que de vivre en bonne intelligence avec son voisin de pallier.
Il rêve d’oublier sa solitude en croyant pouvoir se fondre, comprendre, communier, avec tous ses frères du monde.
Il rêve aussi de puissance en espérant s’élever à la hauteur de Dieu comme les descendants de Noë qui édifièrent la tour de Babel (tour de la confusion, en hébreux) et qui furent rappeler à l’ordre, à l’ordre des choses, à l’ordre de leur nature, par un Dieu attribuant à chaque peuple sa langue. Ce Dieu aimait bien et châtiait bien, car, quoi de plus logique que de réserver une langue spécifique à chaque culture particulière.
Et pendant qu’il rêve, notre cosmopolite, d’autres calculent. A commencer par le penseur cosmopolite au service du système dominant qui voit dans ce nouvel « homme du monde », une bien malléable et unique inconnue pour résoudre ses périlleuses équations intellectuelles. Ainsi nos penseurs offrent complaisamment à leurs maîtres de la politique et de la finance « l’homme nomade » qui serait l’avenir du genre humain, homme interchangeable, déplaçable au gré des marchés, vidé de toute histoire, de toutes particularités culturelles, de toutes aspirations non conformes, un mouton dirigeable tondu sans vergogne, un troupeau d’individus possédant tous le même matricule tatoué au plus profond de l’esprit et de l’âme.
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Et pourtant, il est bon de sentir, de connaître, de partager les traditions, les cultures, les idées, les richesses avec d’autres hommes, d’autres civilisations. Mais ces échanges ne peuvent être bénéfiques que si chacun garde son identité et son originalité. Autrement c’est un leurre, une sorte de pauvre narcissisme, puisque l’on ne recherche qu’un autre soimême sous couvert d’une universelle ouverture d’esprit. De là nait l’ennui que l’on ressent de plus en plus en voyage où l’on retrouve souvent les mêmes ambiances, les mêmes marchandises, les mêmes idées.
Et surtout de là naît la guerre. Un jour où l’autre le cosmopolitisme échoue car il est contre nature. Le carcan égalitariste qu’il impose explose sous la force du besoin de vivre son identité. L’affrontement se déchaine à l’intérieur de la société, une guerre de tous les jours, sans règles, une exaspération irrépressible oppose les communautés qui se sont formées instinctivement, sorte d’anticorps au virus de la décomposition.
Décidément, tout ça ne vaut pas un clair de lune en Enfer, pavé de bonnes intentions, évidemment !
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