Babel...à voir !
Publié le 9 Juillet 2014
Je vous fiche mon poulet que le bon Dieu reconnaîtra les siens !
A lire les critiques du film « Mais qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu », on pourrait croire que 10 millions de spectateurs ravis ont voté massivement pour la société multiculturelle que le Système tente d’imposer aux Français, comme un mauvais vendeur de chaussures forcerait un pied taille 42 à rentrer dans du 38 fillette !
A vrai dire, le succès de ce film auberge espagnole, magnifiquement interprété par un Clavier royal, repose sur une habile ambiguïté qui permet à chacun de voir ce qu’il désire.
En effet, pendant la première partie de cette comédie, toutes les oppositions et incompréhensions qui naissent mécaniquement de la rencontre de cultures, de croyances et d’habitudes différentes sont décrites avec drôlerie et justesse, comme des évidences incontestables: un catholique, un juif, un musulman et un asiatique ne mangent, ne rient, ne pensent ni n’espèrent de la même manière, c’est d’ailleurs ce qui fait la richesse de la Création, diverse et unique à la fois.
Le Système, par la voix docile de ses critiques cinématographiques conformes et rétribués, n’y voit que clichés imbéciles et infondés là où le spectateur ne peut que reconnaître des évidences vécues, des instantanés criants de vérité.
Et quand la quatrième fille idiote utile de cette famille de grand bourgeois de la bonne ville presque Mitterrandienne de Chinon souhaite se marier avec un Noir, les 3 gendres juif, arabe et chinois ainsi que les parents catho font front pour rejeter le nouvel arrivant.
Mais là, miracle! Le père catho et le père africain, ancien adjudant de l’armée française, se retrouvent autour de valeurs communes issues de la colonisation et des plaisirs d’une table bien arrosée ! Quant aux trois gendres, un commerçant, un banquier et un avocat, ils se rapprochent et vont travailler ensemble au lancement de produits bio et hallals trés lucratifs.
Cette fin heureuse autant qu’inespérée contente les benêts du système et donne aux autres, à ceux qui voit la France menacée dans son identité, une raison d’oublier un temps leurs angoisses et la satisfaction d’avoir enfin vu leurs inquiétudes exposées.
Sauf que dans les tristes banlieues d’incompréhensions, de haines et de solitudes, on est loin du confort d’une riche famille de notables de province et de gendres, caricatures de cadres au bel avenir : l’utopie du multiculturalisme est envisageable quand l’argent arrondi les angles, mais quand la pitance est maigre, les fauves comme les hommes cohabitent avec beaucoup moins de générosité.
Ha ! Tout ça ne vaut pas le reflet d’un clair de lune au bord d’un sombre marigot africain !
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