Sans domicile.
Publié le 18 Septembre 2013
Je vous fiche mon poulet que si ça continue, on ne saura plus où on habite !
SDF ! Sans domicile fixe ! Voilà bien une appellation frauduleuse et mensongère ! Où a-t-on vu que nos soi-disant SDF possédaient un domicile ? La plupart hante désespérément les rues et quelques uns trouvent un illusoire refuge dans de sordides cabanes.
Sans domicile, tout crûment, voilà donc leur unique condition, une réalité que l’on ne saurait voir et qu’il nous faut camoufler derrière un sigle aseptisé et politiquement correct qui évite de les qualifier de mendiants, de vagabonds, de misérables.
Donc, sans domicile, sans lieu où trouver un peu de chaleur et de réconfort, un café chaud et un morceau de pain. Cette absence de domicile nous est d’autant plus difficile à admettre que notre fragile société offre de moins en moins de points de repère qui permettent de se retrouver ou de s’y retrouver. Notons que le mot «repère » a comme racine le vieux mot « repaire » qui date de 1080 et qui signifie le lieu qui sert de refuge à une bête sauvage.
Mais prenons quelques exemples de perte de repères. A commencer par la suppression souhaitée de ce qui définissait naturellement un nouvel être humain quittant le ventre douillet et protecteur de sa mère, c’est-à-dire la détermination de son genre masculin ou féminin.
Il lui faudrait maintenant élire domicile parmi les hommes ou les femmes après une longue errance qui prendra fin avec la prise de conscience de son genre.
Une fois homme ou femme, il lui sera temps de s’enraciner dans une culture dispensatrice de valeurs, de points de repères. Cela ne sera pas chose aisée dans notre monde où la critique des fondements de la civilisation européenne est omniprésente : notre histoire serait une succession de fautes à expier, notre religion chrétienne une théorie hypocrite, nocive et vieillotte, notre Nation, une prison école de haine et de guerre, la famille, un bouillon de culture et le travail, une aliénation d’esclave.
On réalise qu’il n’est pas facile de trouver une demeure psychologique, sociale et culturelle dans un monde où l’homme nomade est présenté comme le modèle à suivre, surtout il est vrai, quand on a les moyens de nomadiser de palace en palace…
Mais rassurez-vous, ce nomade sans toit ni loi sera vite récupéré par des politiques cyniques qui font fortune sur le malheur des gens à qui ils offrent de quoi survivre moyennant la perte de leur liberté, de leur fierté et de leur indépendance.
Il sera aussi exploité par des multinationales trop heureuses d’avoir sous la main un agglomérat d’hommes sans identité, sans racine, en un mot sans domicile.
Ah ! tout ça ne vaut pas un clair de lune… à la belle étoile !
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