Cigale !
Publié le 3 Juillet 2013
A l'heure où la ministre de l'écologie, Madame Batho, s'est faite débarquée (!) pour avoir critiqué le budget qui lui était alloué, il faut constater que nos comptes financiers sont le reflet de notre manière de vivre. Dis moi ce que tu dépenses et je te dirai qui tu es !
A l'évidence la France se comporte comme une cigale, ce gros insecte qui aime se faire dorer au soleil devrait figurer sur le blason de la nation phare de l'humanité: nous vivons au dessus de nos moyens, nous dépensons plus que nous produisons, nous n’investissons pas assez dans l’avenir.
En quelque sorte nous croquons l’héritage et consommons à crédit sans nous soucier du lendemain. Le passé n’est plus un capital qu’il nous faut protéger et renouveler mais un dû que nous hypothéquons gaillardement pour nous permettre une vie confortable au détriment de celle de nos enfants.
Nous ressemblons à un hédoniste égoïste qui cueille le jour, « Carpe diem ! », tel un éternel oisillon étourneau attendant les incessantes becquées.
De l’avenir, nous ne retenons que la promesse de nouvelles facilités et de nouveaux plaisirs rejetant sur les autres, enfants ou étrangers, le soin de travailler, prévoir et investir pour renouveler les richesses.
Alors pourquoi sommes nous devenus des cigales écervelées ?
Certains de nos philosophes accusent quatre penseurs de nous avoir placés dans un grand désarroi, une grande confusion.
Copernic et Galilée seraient responsables de nous avoir fait chuter de notre piédestal en nous privant de notre position au centre de la Création, nous plongeant ainsi dans un abîme dépressif proche de celui du nourrisson qui se rend compte qu’il n’est pas l’unique préoccupation de sa mère nourricière et aimante.
Darwin nous aurait ôté notre originalité, l’homme devenant un avatar réussi d’une longue évolution, puisant ses racines dans la tourbe animale.
Enfin le professeur Freud, en mettant en lumière la sombre influence de l’inconscient manipulateur de nos vies, aurait fait de nous de pauvres marionnettes.
Ainsi, exit la Créature unique de Dieu, l’homme roi de la création végétale et animale, et maître de son destin.
Nous voici errant sans Dieu, nomade sans origine et sans boussole, une sorte de citoyen du monde et de nulle part, qui n’aurait plus son mot à dire sur le devenir de sa vie, de son domaine, de son pays, d’ailleurs n’est-il pas ringard d’être encore attaché à l’existence de sa Nation !
Aussi, pouvons nous gesticuler frénétiquement pour tenter de régler notre machinerie économique en réduisant les dépenses ou en augmentant les impôts et recettes, tant que nous n’auront pas retrouvé notre raison de vivre c'est-à-dire la fierté de notre passé et de notre histoire, la conscience de notre originale identité ainsi que l’envie de transmettre nos valeurs aux générations à venir, nous ne feront qu’appliquer cautères sur jambe de bois ne parvenant pas à convaincre nos créanciers de notre solidité et solvabilité.
Ah, tout ça ne vaut pas un bon bain de soleil bercé par le chant des cigales...grecques ?
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