Macron: "on m'aime tant !"

Publié le 2 Juillet 2017

Rien de tel que de s’appeler Macron, car makron en grec voulant dire grand, il est impossible de ne pas faire les choses  grandement !

A commencer par conquérir sa prof de français, jolie femme de 24 ans son aînée. A 15 ans, il faut avoir une sacrée soif de pouvoir pour devenir le maître du cœur de celle qui représente l’autorité, inversant ou effaçant le rapport de force établit par la société entre le maître et l’élève.

Sans parler de l’audace nécessaire pour passer outre les interdits mythologiques érigés par le complexe d’Œdipe, pour bousculer la pesanteur sociale d’une ville de province des années 90, pour supporter la culpabilité d’arracher une femme à son mari et à ses enfants.

Etonnantes aussi, ces paroles prononcées le jour de son départ du ministère des Finances où notre Président déclare qu’il faut savoir « prendre la mer » quand on est trop à l’étroit : il fallait entendre, prendre la « mère », cette fois ci le pouvoir, en trahissant le « père » qui l’a fait ministre… Œdipe quand tu nous tiens !

Il ne fallait pas non plus avoir froid aux yeux pour intituler son parti « En Marche », arborant ainsi fièrement les deux initiales « E et M » d’Emmanuel Macron ! Et pour faire définitivement table rase avec Œdipe, quoi de plus cocasse que d’être en marche quand on incarne avec autant de bravade  celui « qui a le pied enflé » !

Et ce n’est pas fini.

Héraut de la Finance, des intérêts économiques mondialisés, des libertaires  boboïdes béats en quête de jouissances faciles, voici que le candidat venu du diable Vauvert intitule avec un sourire désarmant son livre programme « Révolution » ! ! Un livre de séducteur tout azimut où chacun pourra trouver ce qu’il cherche grâce à de savants balancements d’homme de cabinet habitué à conjuguer les contraires pour justifier toutes les décisions. Pivot de cette tactique, la célèbre formule « en même temps »…suggérant subliminalement,  pour attirer les électeurs, « on m’aime tant » !

Et puis, au soir de son élection,  notre homme s’érige devant une moderne pyramide  de verre,  incarnant solennellement un Pharaon bien vivant, trônant devant un tombeau transparent d’où la mort et les sarcophages ont été chassés.

Le voici encore qui proclame sans vergogne, devant une presse et un peuple médusés,  vouloir être un Président de la République Jupitérien. La mythologie, fondement importante de notre civilisation, est décidément très présente chez cet esprit cultivé qui a bien compris les ressorts du pouvoir et des rapports de forces.

Enfin, dernier signe envoyé de l’Elysée (encore la mythologie !), la photo officielle de celui qui préside aux destinées. Au centre de la représentation, bravant la lourdeur et l’ennui de la solennelle symétrie par un regard perçant et deux bras prêts à l’action, entouré de symboles, notamment le roman de Stendhal, Le rouge et le noir, Emmanuel Macron! alias Julien Sorel, archétype de la soif d’amour, d’action et de pouvoir, qui comme notre héros a séduit la femme mariée et éduqué ses enfants, autrement dit qui a conquis la France et veut rééduquer, transformer, « révolutionner » les Français !

Visibles également sur le nouveau « Loubet », du nom du premier Président qui décida d’afficher le portrait du chef d’État dans tous les lieux officiels, l’horloge du « maître du temps » et les mémoires de Charles De Gaulle, accentuant s’il le fallait, les ambitions du chef.

 

Mais un chef pour quoi faire ? Inutile d’aller chercher la réponse dans le programme du candidat vainqueur : «Un Girondin ministre n’est pas un ministre Girondin » comme l’a justement affirmé Mirabeau.

Les prochaines circonstances imprévisibles et dramatiques qui ne manqueront pas d’advenir, tellement les problèmes se sont accumulés tout au long de ces 40 dernières années à cause de faux-fuyants, laissent toute latitude à un caractère capable de s’affranchir des règles et de  ceux qui l’on fait Roi pour retrouver et créer les fondements de la France.

                                                                         °+°

 

Mais l’on ne peut s’empêcher de penser que les conservatismes seront les plus forts :

- la Finance mondiale, protégée opportunément par les petits rentiers apeurés de perdre les miettes qui leur sont abandonnées au travers des assurances vies, des dividendes et autres trompe-épargnant ;

 -la multitude des Français, qui ne peuvent plus vivre sans les mannes de l’État Providence, symbiose symbolique parfaite de l’originelle protection du père et de la mère pour leur enfant ;

-le conformisme politique, rejetant l’idée d’un Dieu, l’utilité d’une Nation, la diversité des cultures et des civilisations, la spécificité, la responsabilité et donc la liberté de chaque homme ;

-enfin la peur, cette tragique excuse pour ne pas vivre,  la peur mortifère chevillée au corps de l’être humain qui ne veut pas lâcher la proie pour l’ombre, même quand cet ombre annonce manifestement des jours sombres…

 

« On verra bien ! », comme disait Gus Bofa, avec le légitime fatalisme du Poilu englué dans la boue des tranchées, dans la main du destin.  

 

Rédigé par Pierre Lours

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