Bourrasques !
Publié le 24 Octobre 2014
Je vous fiche mon poulet que j’ai peur d’avoir fait un rêve prémonitoire…
J’ai fait un drôle de cauchemar…sans doute déclenché par la débandade du godemiché gonflable de Monsieur Mac Carty. D’ailleurs c’est injuste cette débandade, pour une fois qu’un Mac est soutenu, en l’occurrence par la FIAC ! … Donc, ce pauvre ustensile déposé en hommage devant le ministère de la Justice, sans doute pour récompenser Madame le Garde des sceaux de ses bons soins aux couples homosexuels, ce godemiché a été retiré prématurément, en somme un « coïtus interromptus » … par un malencontreux coup de main ! Cependant, je me consolerai de cette privation car j’ai la faiblesse de lui préférer la colonne Vendôme érigée par Napoléon pour commémorer la bataille d’Austerlitz… on a les symboles que l’on peut !
Donc mon rêve fou commence par le monument de la Paix implanté entre l’Ecole militaire et la Tour Eiffel. Cette forêt de colonnes grises supportant dans toutes les langues le mot Paix avait été victime de l’acharnement de tous les chiens du Champs de mars urinant de bon cœur à verges rabattues sur ces poteaux bandés vers l’inatteignable Paix universelle. La corrosion animale avait eu raison de cette construction, les chiens ayant pris leurs vessies pour des lanternes révolutionnaires ! Patatras, dissout le monument incantatoire à la Paix ! Animalus ex machina !
A peine mes neurones endormis avaient-ils eu le temps de se remettre de ce premier cauchemar, voilà que l’étron révolutionnaire cubiste et multicolore de Dubuffet posé délicatement sur l’île saint Germain d’Issy-les-Moulineaux est emporté par un mascaret injuste déclenché par l’ancêtre Victor Hugo veillant du haut de son esprit puissant à ce que la Seine, qui lui a ravi sa fille chérie par une vague meurtrière, ne soit pas polluée avec un art qu’il qualifiait dans mes songes, de comptant-pour-rien ! Décidément, Victor n’est plus à la page !
Mais je n’en avais pas fini avec cette infernale nuit! Beaubourg, ce tas de viscères ferrailleuses exposées aux quatre vents à deux pas de Notre Dame, cet échafaudage édifié au cœur du quartier historique de Lutèce par un Président auvergnat tourneboulé au contact du Sous-Paris (pardon du Tout- Paris), ce mirifique mikado de tubulures grises s’était affaissé sous lui par l’effet de l’effondrement des champignonnières parisiennes !
Et enfin, horreurs des horreurs, le nouveau musée du fabricant de bagages en toile enduite Louis Vuitton, ce nouveau temple des arts-tristes construit dans le bois de Boulogne, cet enchevêtrement d’ailes d’insectes morts accueillant la crème des faiseurs d’art conceptuel s’était envolé sous l’effet de vengeresses bourrasques emportant aussi le gratin venu inaugurer le chef d’œuvre et surtout honorer le maître des lieux, ce bon vieux Arnault, ce commanditaire potentiel grassement solvable. Heureusement, notre gloire nationale et aveyronnaise réunies, vous avez reconnu le roi du noir-bitume Soulage, cette figure de proue de l’art marchant venu lui aussi honorer l’évènement, échappait à cette tempête apocalyptique et était retrouvé nu, blanc de peur et plié de coliques, réfugié dans les toilettes en béton du bâtiment envolé !
Ah, quelle nuit ! Tout ça ne vaut pas une douce insomnie bercée par Mozart ou Rossini !
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