De quoi sont les pieds?

Publié le 24 Avril 2014

Je vous fiche mon poulet que vous allez rester coi devant l’énigme suivante : de quoi sont les pieds ?

Réponse: "les pieds sont l’objet de soins attentifs."

 

Cette question extraite des règlements d’infanterie d’avant 14, cette question qui va droit au but en peu de mots puisqu’en effet il n’y a rien de plus essentiel pour un fantassin que ses deux pieds soient en ordre de marche, on serait donc tenté d’emprunter à cette belle interrogation sa tournure abrupte et comminatoire pour demander à notre tour, « de quoi s’occupent les politiques ? »

 

Donnons la parole au petit père Queuille, ce triple Président du Conseil corrézien admiré par l’ex-Président Chirac que le Canard enchaîné a surnommé "Lézard premier", tant son goût pour les Arts premiers était connu et surtout son inaction redoutable : « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout ».

Il est vrai que le « Tout à toujours très mal marché » de Jacques Bainville encourage cette attitude d’ «acteur démobilisé » pour prendre le contrepied (revoilà encore l’infanterie !) du « spectateur engagé » de Raymond Aron.

Mais allant toujours plus loin dans le cynisme paysan, notre Henri Queuille aimait aussi assener un autre aphorisme : « La politique n’est pas l’art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent ».

Vous ne serez donc pas étonné que Henri Queuille est aussi admiré par l’actuel occupant à titre gracieux de l’hôtel de l’Elysée. Il est vrai que les titulaires des places du pouvoir tentent bien souvent d’exclure du jeu politique ceux qui posent les vrais problèmes en les traitant, par exemple, de Populistes.

"Populistes", étrange mot qui se veut péjoratif alors qu’il qualifie simplement « ceux qui privilégient le peuple » comme "communistes" désigne ceux qui privilégient la chose commune. Et quoi de plus normal en démocratie que de privilégier le peuple, sauf à considérer que le peuple est avant tout un gêneur qu’il faut changer, comme Bertolt Brecht sait et nous aussi savons,(substance très utile pour laver les dits pieds !), un peuple donc à mettre hors jeu quand il contrarie les intérêts des oligarchies.

 

Mais alors que faire, comme disait l’embaumé de Lénine ?

Ecoutons Philippe de Villiers qui déclara lors d'une intéressante présentation de son livre sur Saint Louis que « Le politique n’est pas fait pour apporter le bonheur privé mais éloigner les malheurs publics. »

De quoi sont les pieds ? Euh, pardon ! De quoi méditer ! …sous un clair de lune à Maubeuge, bien évidemment !

Rédigé par Pierre Lours

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