Où va-t-on?

Publié le 21 Mars 2015

Les voyages forment-ils la jeunesse ? Début de réponse en quelques bribes d’un modeste journal de voyage, départ Paris, arrivée Avignon.

D’abord attendre le bus dès potron minet devant une publicité pour des fringues américaines « vintage » (grand cru ) présentées par la sainte famille moderne c'est-à-dire la grand-mère, la fille et la petite-fille, toutes habillées avec le même informe sweatshirt (en french, maillot pompe sueur) et culottées d’ amples caleçons longs autrement appelés Lifar, du nom du célèbre danseur. Les couleurs plutôt délavées et tristes des vêtements ne pouvaient faire oublier les regards agressifs ou absents des mannequins. Bref une vision réfrigérante.

Heureusement l’abri bus lui aussi était « vintage » et n’avait pas été remplacé à grands frais inutiles par un nouveau mobilier urbain qui laisse passer le vent de tous côtés, sans doute pour dissuader les Sans Aucun Domicile ( les SAD, les tristes, on le serait à moins !) de venir s’y abriter la nuit : merci madame la Maire socialiste !

Une fois callé dans le TGV, une voix humaine agréable et compréhensible (c’est assez rare à la SNCF, aussi faut-il le souligner) se présenta comme notre « superviseur » : vous l’avez compris il s’agissait tout simplement du contrôleur, façon novlangue prétentieuse. Outre les avertissements d’usages au bénéfice des voyageurs pas encore en règle, il nous était proposé de jouir, moyennant monnaie, des soins attentifs d’une manucure diplômée : à quand un massage relaxant par des hôtesses ou des hôtes naturistes ? Les voyages passeraient plus rapidement, les retards seraient même souhaités !

Bon, vous allez me dire que ces petites anecdotes ne pèsent pas lourd au regard du plaisir de rejoindre le havre de paix que constitue… un monastère bénédictin érigé loin des informations déformées, loin du bruit abrutissant des villes, loin de l’agitation gyrovague de la vie moderne. C’est vrai, tous ces faits insignifiants sont bien vite oubliés et laissent place à l’essentiel c'est-à-dire à une spiritualité indispensable à la vie humaine.

Car que manque-t-il à nos sociétés matériellement développées si ce n’est une étoile spirituelle pour y accrocher notre charrue et retrouver confiance ? Si nous ne restaurons pas rapidement cette dimension, la nature ayant horreur du vide, c’est le trou noir matérialiste qui nous aspirera ou c’est une religion inadaptée à nos valeurs et traditions qui prendra la place.

Ainsi, l’Islam et son prolongement fondamentaliste violent est peut être une réelle chance pour la France en forçant les héritiers de la Révolution des lumières qui a combattu la Lumière, à retrouver rapidement l’indispensable essence de la vie qu’incarne le Créateur. Créateur sans qui rien n’est explicable ni vivable, sans qui tout est précaire et terre à terre.

Bon, dorénavant appelez-moi Frère Lours !

Rédigé par Pierre Lours

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