Trufferie !

Publié le 14 Décembre 2014

C’est bien connu, le mot est le visage de l’idée. Il lui donne la vie et lui permet de s’unir à d’autres idées pour engendrer encore des idées… Il est comme un drapeau qui mobilise les énergies. Et comme on n’a jamais assez de flèches à son arc, voici quelques mots nouveaux glanés au gré de la curiosité ou créés parfois en rêvant ou en raisonnant. Des mots qui concernent l’art, c'est-à-dire un des reflets les plus significatifs d’une société.

L’artiste catalyse et exprime par sa sensibilité, son talent et sa technique l’essentiel de la réalité et donne à voir ou à entendre des œuvres miroirs du monde, d’un monde actuel souvent bien navrant, si l’on passe en revue la création artistique de notre époque.

Il est donc malheureusement légitime de parler non plus d’artistes mais d'« art-tristes », tristes par la pauvreté répétitive et simpliste de leurs productions depuis le mouvement Dada, et tristes eux mêmes, emprisonnés qu’ils sont dans leurs gesticulations éjaculatoires et répétitives.

Des artristes « comptant-pour-rien »selon l'expression de Christine Sourgens, des artristes s’autoproclamant contemporains histoire de confisquer la création artistique actuelle à leur unique profit. Les vrais créateurs mettant leur talent et leur technique au service du beau sont rejetés par ces imposteurs dans le passé ou dans l’inexistant, coupables de ne pas conceptualiser et transgresser pour détruire.

Pour lancer leur carrière et coloniser l’espace, notre espace, les artristes s’expriment dans l’art de rue, sur les murs tout particulièrement. Ils se réclament du Street art en globish prétentieux, alors qu’il serait plus juste de parler du « street-tarte », véritable tarte à la crème, bourrée de colorants, de gélifiants et d’arômes artificiels estampillés artistiquement corrects par les interlopes mondialisés payant cash leur entrée dans le monde des branchés !

Et le bobo, ou plutôt le « bobeauf» à l’image du « beauf » de Cabu à qui cet éternel ado a fini par ressembler dans une vieillissante version soixante-huitarde, voici donc notre bobeauf se prosternant devant l’art frelaté vendu chèrement dans les galeries, une sorte de « bobo-art »ou de «bob’art » pour couillons à deux faces, pile dollar, face anar, synthèse improbable engendré par l’ individualisme forcené.

Ces hordes de prétentieux qui vouent aux gémonies quiconque ne se prosterne pas devant les Koons, les Mac Carty, les Soulage et autres pauvres compagnies, ces adeptes du vide du talent, du vide du sens et de l’absence d’émotion sont des « hommes creux » comme l’écrivait René Daumal dans Le mont analogue, creux et prétentieux, en un mot des « prétencreux » !

Alors comme Jeanne d’Arc, jeune femme inspirée, déterminée et confiante, utilisons des mots riches de force et de vérité pour fustiger ces escrocs faiseurs de fausse monnaie artistique : « trufferie » que ces mensonges et ces leurres! « Passez outre » !

En effet, passons outre, il y a tant à faire pour restaurer la France !

Rédigé par Pierre Lours

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